Les champi sont meilleurs à emporter

Journée de grosse glande idolesque et touristique hier. Pas d’event et pas grand chose à voir à tokyo. Désespéré et au bord des larmes de ne pouvoir assouvir mon besoin de nouveauté, j’entends au loin la voix de xellos, annoncé qu’il va à Nagoya pour voir un Stage des SKE. Ca tombe bien, nagoya je connais pas, me dis-je intérieurement. Enfin je pensais être super fort pour intérioriser ma joie mais en voyant xellos au bord des larmes, je dois pas être si fort que ça. Je la joue cordiale quand même et lui demande : « Eh je peux venir ? c’est bien nagoya ? y’a des choses à voir ? Je peux venir ? On arrive quand ? J’ai faim ! »

C’est à ce moment la qu’on a définitivement perdu xellos. Recroquevillé en position foetale dans la douche, un filet d’eau froide ruisselant le long de son corps parcouru de spasme, on ne distinguait que des bribes de mots. « nan… pourquoi… je peux pas supporter ça… ». Les larmes douces amer de la peur et du désespoir disparaissaient emportées par le ruisseau de l’évacuation d’eau. Perdu entre la contemplation malsaine du malaise que j’avais provoqué et la furieuse envie de rire à gorge déployée, je dus me résoudre à simplement lui demander l’heure du départ.

Le lendemain, 10h30 tapante, c’est un homme nouveau que je retrouve. Non, en fait, c’est un homme tout simplement et non plus une éponge gorgé de larme. Droit comme un I, concentré sur le futur concert, répétant déjà mentalement chaque gestes, il semblait avoir totalement effacé de sa mémoire le triste épisode de la veille. Qu’a cela ne tienne, la journée n’en sera que plus sympa. Nagoya, c’est presque aux portes de tokyo quand on à un Jr pass, ce fabuleux sésame nous libérant de toute contrainte financière. En plus, il ne coute qu’un rein pour une semaine, un petit enfant pour deux semaines et plus. Même après 3 voyages, ça me fait toujours délirer de pouvoir, à l’arrache, décider de prendre le premier train pour la destination de son choix et de simplement monter dans un wagon aux place sans réservation. Un jour à kyoto ? 3h de tokyo. Un jour à nagoya ? 2h de train. Faisable très largement, sur un coup de tête sans avoir de but précis. J’avais rien à faire à nagoya mais vu que c’est gratuit, c’était l’occasion. En plus, avec de la chance, je pourrai peut-être m’inscruster dans le stage des SKE avec xellos. 2h de train, ça passe vite quand on est avec quelqu’un qui dit autant de connerie que soit. Oui, je sais, c’est assez dur à imaginer et c’est très effrayant. Mais ca existe.

métro de nagoya

En tout cas, c’était fun. Fun… un adjectif que je n’utiliserai pas pour définir nagoya. Attention, j’ai passé une très bonne journée comme vous allez le voir mais Nagoya, la ville en elle-même, qu’est-ce qu’elle est moche !!! Mais genre super moche ! Je suis sur que Le Havre est une plus belle ville que Nagoya. Des usines et des immeubles, c’est tout ce qu’on peut espérer voir. Mais des immeubles moches pas comme dans d’autres villes où les immeubles sont pas trop mal.

12h30, on arrive au Sunshine Sakae, l’immeuble où se produisent les SKE, afin que je découvre ce temple qui me fût à de nombreuses reprises dépeint. Le bâtiment pourrait être sympa si il était dans une autre ville. La grande roue anime la rue, de même que l’écran géant qui vous accueille à la sortie du métro, visible aussi depuis la rue pour peu que l’on s’approche un peu.

Le premier étage est un magasin de CD/DVD et le reste des étages sont partagé entre restaurants, boutiques de fringues et la boutique SKE. On est jamais mieux servi que par sois-même alors un Shop SKE dans l’immeuble SKE, rien de plus logique. Par contre, cette boutique est moche comme la ville. Bien moins engageante que son homologue de tokyo. Rien ne m’intéresse donc je dépense rien. Xellos en grand fan de nagoya (si si ça existe des gens prêt à vivre las-bas) à préparer un petit pèlerinage afin de me convaincre que Nagoya, c’est cool. On a un peu de temps avant qu’il rentre en concert donc, on se dirige vers la Nagoya tower, toute proche, plantée au centre de « Central Park ». Nan mais ils sont original à Nagoya, c’est New york qui copie. Tokyo aussi a copié avec sa tokyo tower. La nagoya tower, c’est la même en plus petite et en grise. On peut y monter pour 600 yen, que nous donnâmes avec joie, pressé de s’émerveiller devant le panorama de la ville. Si on aime les toits chargés par les clim et les bâtiments presque aussi haut que l’étage d’observation de la tour, y’ a moyen de prendre son pied. Sinon, on peut toujours chercher des point d’intérêt dans ce paysage gris et terne. Un immeuble design par-ci, le château de nagoya par la, et un jardin sur les toits, rien de bien plus fun mais étrangement, être en hauteur au calme à quelque chose d’apaisant.

Il y a peu de monde dans la tour et le calme omniprésent nous pousse à parler à voix basse. C’est agréable quand on se remémore le tumulte urbain que l’on a quitté quelques minutes plus tôt. Un balcon d’observation à l’air libre s’ouvre à nous après l’ascencion d’un petit escalier. Ici, pas âmes qui vivent. Le vent est pourtant frais et le soleil voilé par les nuages (gris comme la ville) ne nous accable pas. La nagoya tower est, d’après les plaques accrochées dans l’observatoire, un endroit privilégié pour les demandes de mariage et les déclarations d’amour. Sur le balcon, il n’est pas surprenant de trouver des cadenas accroché au grillage avec des petits messages d’amour.

L’heure tourne et on retourne au Sunshine sakae ou xellos va faire la queue pour le concert. Le principe pour assister au live est le même que pour les akb à tokyo. Il faut envoyé un mail et etre tiré au sort pour avoir le droit de payé. Je n’ai pas envoyé de mail mais faire l’innocent et tenté de rentrer en demandant simplement à des chance de marché. J’attends que tout le public soit rentré pour chercher quelqu’un parlant anglais. La première personne est une jeune fille du staff qui me sourit désespérément en me montrant avec les yeux toute sa gène de ne pas comprendre ce que je lui demande. Un autre membre du staff m’interpèle et m’avoue assez vite qu’il ne parle que japonais. Bon ba tant pis, je ferai comme tout le monde, je regarderai le concert sur l’écran géant.

Bon concert d’ailleurs. Mais c’est un B3 alors c’est pas originaire de Nagoya. Forcément, vu que nagoya c’est nul, rien de bon ne peut en sortir. Une fois fini, on continue la croisade de conversion au Nagoyisme en marchant vers le château de la ville. Au moins, c’est pratique, tout est proche dans cette ville, pas besoin de prendre le métro.

Il y a des douves autour du château mais au lieu de voir une eau clair et pur inondant nos oreilles d’un scintillant bruissement aquatique, on trouve une jungle de mauvaises herbes ou se cache sans doute des véloceraptors ou pire encore, des chats.
Aux portes de l’enceinte, notre sens aigu de l’observation nous met en alerte. Personne à gauche, personne à droite, la voie est dégagée. Attendez, ça devrait pas être dégagé. C’est comme le silence dans une forêt vierge, ça annonce soit une attaque de serpent géant soit une invasion de zombies. On est pas loin du zombie en regardant de plus près le vigile qui garde la porte. Avec un peu de chance, sa vue est proche de celle du T-rex, il ne détecte que le mouvement donc on bouge peu. Précautionneusement , on observe les horaires d’ouverture et c’est à demi mot que nous hallucinons de concert. 9h-16h30. Il est 17h30 passé. Les nagoyien sont des fonctionnaires. Au moment ou nous pestons contre cette infamie, le zombie salue un congénère, nous faisant par la même occasion sursauter et décamper sans demander notre reste.

Abattus, les bras ballants et les yeux hagard, ce sont nos pieds qui prennent la tête de l’expédition. Le parc tout proche nous accueillera à bras ouvert, trop heureux d’enfin recevoir plus de 3 personnes, 50 chats et 1 clochard. Il aurait pu être beau ce parc dans une autre ville, ou il aurait été entretenu et visité à longueur de journée. Ici, il est désespérément vide, sauvage et pourtant plein d’une énergie passé, représentée sous forme de sculptures, d’un ruisseau, d’un moulin et de fontaine. La faune locale est féline mais rare sont les animaux assez propre pour être approché. La vie est dur dans ce « no man’s land urbain » pour les chats.

Voyant mon scepticisme grandir à mesure que je découvre la ville et ses merveilles, xellos tente le tout pour le tout en me montrant : un employé de la ville qui compte les voitures à un carrefour. En france, on aurait tendu un fil en travers de la route avec un boitier pour compter. Mais à Nagoya, fait créé de l’emploi pour faire venir une population qui rêve de liberté. Il est drôle dans son désespoir ce pauvre homme. Non en fait, c’est pas humain comme boulot.

En vrai, on marche vers le planétarium alors que le soleil se couche au rythme des néons qui s’allument. Une nouvelle vi(ll)e nait, se transformant, changeant de peau, passant des salary-man aux hôtes et hôtesses de bar. Les taxi citrouilles sont des merco carrosses et nous, on ne s’arrête pas. Le jardin pour enfant vide me donne envie de faire de la photo. Je suis pas photographe mais on a déjà tous vu des images de balançoires vides, balançant leur souvenirs de culottes courtes d’écoliers au gré d’un vent absent.

Le planétarium est fermé bien sur mais ce n’est pas une surprise. Une grande place presque vide lui ouvre les bras alors que des barricades et des grues nous ferment la vue. Les jets d’eau se jouent de moi et des poses longues de mon appareil photo. Mais je ne suis pas photographe alors j’accepte les rires étouffés du smiley de l’immeuble d’a coté.

Il a une bouille sympathique au moins, comme les filles de la ville. A croire qu’elles viennent se cacher ici, à l’abri des don juan de pacotilles tapis dans les ombres des mégalopoles nipponnes. Plus la nuit tombe et plus la ville devient belle. Peut-être parce que je la vois de moins en moins dans le noir de cette place pas éclairé. Ou bien parce que, la beauté qui m’apparait est superficiel et électrique. Point de restriction écologique quand le seul moyen de plaire est de briller. Encore faudrait-il briller autrement qu’avec des artifices clinquants et clignotant, nous appelant en morse, langage tout aussi inconnu que le japonais et moins contextuel. Avant de nous fondre dans la masse des fuyards, on essaie de percer à jour ce groupe de jeunes qui semblait répéter une chorégraphie quand nous étions trop loin pour être vu. Une fois trop proche, on s’appercoit que ce ne sont pas des danseurs mais des comédiens. Mauvais de surcroit car ils n’arrivent pas à jouer « la perte de temps pour que les gaijins nous laissent danser en paix ». Ne chercher pas sur wikipédia, cette pièce n’existe pas.

On se déporte enfin vers la civilisation bercé par les vas et vient des hôtesses de train, saluant humblement à leur entrée dans le wagon ainsi qu’à leur sortie. Elles saluent sans doute notre bravoure, celle-la même qui nous à permis de survivre une demi journée dans cet endroit oublié par les couleurs et la gaité. 2h de discussions d’animé et me voila contraint d’avouer à mon guide que, franchement, Nagoya ça craint.

C’est à ce moment la qu’on a définitivement perdu xellos. Recroquevillé en position foetale dans la douche, un filet d’eau froide ruisselant le long de son corps parcouru de spasme, on ne distinguait que des bribes de mots. « nan… pourquoi… je peux pas supporter ça… ». La suite vous la connaissez 😉

ps : ce récit est romancé mais les étapes et ressentis sont exacts.

Cet article a été publié dans global. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

10 commentaires pour Les champi sont meilleurs à emporter

  1. tartiflette77 dit :

    Un de ses quatres je retournerai à Nagoya pour visiter mais bon cette année je me suis perdu a chaque fois dans une salle de concert, et pas moyen d’en sortir … avant le soir et il fallait rentrer …

    J’espère que xellos me fera la joie d’être mon guide un jour !

  2. neotsubasa dit :

    Si ça peut aider, j’ai un guide japonais originaire de Nagoya sur place parlant français de surcroît. Je pense que c’est plus fiable qu’un xellos mon cher. Mais bon de l’avis même de mon ami, Nagoya n’a pas grand chose à offrir. Avec le château et le sanctuaire Atsuta j’ai, selon lui, vu l’essentiel de la ville…

  3. Hare dit :

    Nagoya est une belle ville, pratique qui plus est étant donné que la plupart des choses intéressantes à voir sont circonscrites à un « centre-ville » chose assez rare au Japon pour être notée.
    Le château est très sympa à visiter comme ses jardins, et les douves remplies d’eau sont de l’autre côté d’où vous êtes arrivés. :normal:
    Vous n’avez pas vous Iguchi dans la tour, c’est bien dommage 😀
    De plus, ce n’est pas plus gris qu’une autre ville japonaise (ne vas pas dans le nord du Japon alors, là-bas c’est vraiment gris, comme Brest ou Le Havre \o/ :p)
    Et pour couronner le tout, les SKE sont de Nagoya donc tous tes arguments sont invalides.

    • albatruc dit :

      les SKE sont de nagoya… ca valide tout ce que je dis au contraire ^^
      Nan mais c’est un avis perso sinon, il y a en effet pas plsu de gris qu’ailleurs, mais je l’aime pas ce gris la :-/

  4. Seasher dit :

    Trop chiant à lire ce post. Je me suis arrêté à « Xellos dans la douche, l’eau ruisselante blabla » et je suis passé aux photos. ~_~ 

  5. cyril dit :

    albatruc a écrit : » Point de restriction écologique quand le seul moyen de plaire est de briller. Encore faudrait-il briller autrement qu’avec des artifices clinquants et clignotant, nous appelant en morse, langage tout aussi inconnu que le japonais et moins contextuel  »

    c’est beau, j’en ai la larme a l’oeil 🙂

  6. airv dit :

    Vous oubliez le musée Toyota à Nagoya. Une merveille à visiter. De quoi passer une bonne journée et découvrir l’histoire de cette entreprise lié bien-sûr à l’histoire du Japon contemporain.

    Merci de ne pas avoir publié de photos de Xellos dans sa douche en position foetale. Mes yeux sont sains et saufs.

  7. Ping : Castle vs Castle » 分かりません

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s